2006 - 1
2008 & 2006
2007 - 2
2007- 1
2006 - 1
2006 - 2
2005
2004
 
HOMMAGE A FRANCK SERUSCLAT

Frank Sérusclat est mort dimanche 2 juillet 2006.
Ancien maire de Saint-Fons, dans la banlieue de Lyon, et sénateur socialiste, il fut notamment membre du comité d’éthique. Il a milité dans de nombreux domaines, pour la paix, la dépénalisation du cannabis. Sa préoccupation essentielle fut l’éducation

Il est aussi un des premiers élus locaux du pays à avoir eu le souci du vélo. Sa ville avait été primée dès 1985 à l’occasion du concours « à pied à vélo bien dans ma ville ». Dans les années 90, Franck Sérusclat allait un dimanche par mois inspecter sa ville à vélo, accompagné de son directeur technique et de citoyens.

Mais c’est peut-être dans son rôle de sénateur que nous devons lui être le plus reconnaissants. Car seul, à son niveau, dans l’opposition, il ne négligeait aucune occasion d’intervenir au sujet du vélo et en particulier de poser des « questions écrites ». Quelques exemples :

« Frank Sérusclat s’étonne de l’absence de politique cycliste claire et lisible actuellement.(…) » 10 avril 1996.

« Frank Sérusclat attire l’attention de monsieur le ministre de l’intérieur sur le montant des amendes pratiquées à l’encontre des cyclistes. (…)» (octobre 96)

« Frank Sérusclat attire l’attention de monsieur le ministre de l’intérieur sur les récentes verbalisations dont ont été victimes des cyclistes parisiens au motif qu’il ne circulait (sic) pas dans les pistes cyclables- au demeurant fort modestes – réalisées par la municipalité. (…) » (octobre 96)

Nous garderons toujours le souvenir d’un homme élégant.
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CREATION D’UNE « MISSION INTERMINISTERIELLE VELO »

C’est mardi 18 avril 2006 qu'a été annoncée la création, pour 3 ans, d’une « mission interministérielle vélo » au ministère de l’Equipement, et de son titulaire, Hubert Peigné.

Selon nos premières informations, le titulaire ne disposera pas d'équipe en propre mais pourra s'appuyer sur les services de six ministères.

Saluons en tous cas sans réserve la patience des protagonistes : cette mission a été annoncée il y a 12 ans, et son titulaire avait été présenté le même jour. En effet, c’est le 5 juillet 1994 que Michel Barnier, ministre de l’Environnement, annonçait la création d’un « comité de suivi vélo » dont la présidence serait assurée par Hubert Peigné.
Le rapport Lebrethon (mars 2004) avait remis sur le tapis l’utilité de créer « une mission nationale vélo chargée de coordonner, d’animer, d’impulser ».

Depuis 12 ans, donc, Hubert Peigné a régulièrement réuni le comité de suivi vélo.
M. Peigné a présidé le comité d’organisation du congrès mondial Velo-city, à Paris en septembre 2003.
Il a également animé le groupe de travail du Conseil national des transports qui a publié en juin 2005 le très riche rapport : « Une voirie pour tous : Sécurité et cohabitation sur la voie publique au-delà des conflits d'usage ».

La création d’aujourd’hui réjouira-t-elle la communauté cycliste? Ou faudra-t-il attendre encore quelques années ??? Peut-être faudrait-il faire des prières à Notre-Dame des cyclistes !

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Premier congrès catalan de la bicyclette
Du 7 au 11 juin 2006 à Barcelone
http://www.congresbicicat.org

DEVELOPPER L’USAGE DU VELO, OU AMENAGER LA VILLE ?

Développer l’usage du vélo, de nombreuses villes françaises veulent s’y mettre, via la mise à disposition de vélos. Si les vélos sont gratuits pour l’usager, les moyens peuvent être très sophistiqués et particulièrement onéreux, souvent sous-produits des marchés publicitaires. Mais ils peuvent aussi être plus simples, à fonctionnement « humain » ou à partir des téléphones mobiles, gratuits ou payants pour l’usager.

Michel Duchêne, maire-adjoint de Bordeaux, a présenté l’histoire récente de sa ville comme celle d’une rupture. Jusque là on multipliait les pistes cyclables, a-t-il dit, mais il n’y avait personne dessus. D’un coup, avec l’arrivée d’Alain Juppé, on décide de « passer en surface », abandonnant le projet de métro et créant 3 lignes de tramway à la fois, 25 km ! Et 2000 vélos (+ 1000$ces jours-ci) sont prêtés aux habitants. Juppé lui-même est vu à vélo, il lui redonne de la dignité. Aujourd’hui que les vélos « sortent de partout » comme disent les chauffeurs de bus bordelais avec effroi, plus personne ne peut s’opposer aux pistes cyclables. Aménager, sûrement. Développer l’usage, certainement…

VELOS GRATUITS DE COURTE DUREE, OU VELOS PAYANTS EN SERVICE PUBLIC ?

Sebastian Bührmann http://www.rupprecht-consult.de a étudié les « bicyclettes publiques » en Europe. Le OV.fiets se trouve dans les gares des Pays-bas. Le Oybike est visible en Angleterre. Le Call-a-bike a investi de nombreuses villes allemandes, et Transdev le propose déjà en France sous le nom de Allo-cyclo. Certaines villes comme Burgos réfléchissent à leur propre système. Ils sont tous payants et fonctionnent sans infrastructure visible, mais avec les téléphones portables. Ajoutons pour la France les propositions de Movimiento, ainsi que les diverses formes de location de vélos gérées par les communes, des associations ou par des entreprises de transport.

Gratuit ou payant pour l’utilisateur, offert par la Ville ou lié à la publicité, il peut s’agir de philosophies différentes. Alfonso Sanz, chercheur réputé en Espagne, souligne que de toutes façons le vélo ne résout que partiellement la question de la mobilité soutenable, car il ne fait qu’absorber -pour les piétons- les changements d’échelle de la ville. Par contre l’auto, en éloignant tout et en changeant les formes de la sociabilité, tend à en ruiner les possibilités.

Isabelle Lesens, 14 juin 2006

rempli le
30 SEPTEMBRE 2008